Portrait de Léonard Cohen

« Où sont-ils ceux qui n’y sont plus? Ici, dans le coeur, aimant et toujours présent… Hallelujah! »

Auteur: MiCheline Tremblay

La séparation d’avec ceux qu’on aime est une réalité à laquelle nous sommes confrontés tôt ou tard. Une certitude, personne n’y échappe, nous ne savons jamais quand viendra notre dernière heure. Dès la naissance il n’y a qu’une issue envisageable, impossible de se tromper, en bout de ligne c’est la mort assurée. 

Naître et mourir, début et fin d’un parcours à travers une succession d’expériences sur un chemin au temps plus ou moins long. La seule assurance que chaque être vivant porte au plus profond de lui est cette réalité commune à tous et nous ne pouvons y échapper. Chaque petit pas nous rapproche cruellement de notre destiné humaine, pas de clémence, tout le monde y passe. Difficile de maintenir l’esprit en paix avec pareil constat. La peur de ne plus « être » nous tenaille sérieusement, le corps est périssable et nous n’y pouvons rien.

Cette semaine est le deuxième anniversaire du départ de Mamie, drôle d’expression pour un évènement que je ne trouve pas à propos de fêter.

Mon refuge en cette période, comme toutes celles où mon cœur se gonfle de larmes, a été de dessiner, de dessiner surtout des yeux. Naturellement c’est le regard de ma mère que j’ai esquissé. Je l’ai coloré, j’ai recommencé et je l’ai redessiné, encore et encore. 

Je n’en finissais plus de croquer par ci par là quand je me suis arrêtée tout net! Où avais-je déjà dessiné ces yeux-là? Après avoir réalisé quelques esquisses de plus, je me suis rappelée qui était le model pour ces prunelles. La journée de l’annonce du décès de Léonard Cohen ma réaction a été tout naturellement de le peindre. Un portrait ( https://parmichelinetremblay.com/oeuvre/leonard-cohen/ ) exécuté numériquement et comme toujours, l’action de réaliser une œuvre m’a totalement transportée et ramenée au cœur de moi-même, présente à ce moment de création dans la paix et la sérénité.

Dans le deuil réside une tourmente et son parfum embaume le quotidien d’une senteur un peu fade. L’art, le dessin, la couleur, en somme le jeu de création soulage en moi ce malaise et me permet non pas d’oublier mais au contraire de rester présente et en pleine conscience de cet état qui m’habite. Goûter à ce qui est sans le nommer, juste ressentir au plus profond de mon cœur le côté obscur de cette agitation et l’absence de l’être aimé se transforme tout à coup en élan de joie et d’union intime avec l’amour que nous nous portons, parce que l’amour dans sa permanence demeure, pour toujours, éternellement là.

Paysage de rêve, Mamie y était







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