Le souffle du désert
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LE SOUFFLE DU DÉSERT


J’avançais vers les herbes hautes, mes chaussures silencieuses s’enfonçaient lourdement déposant mes traces à qui voulait m’emboîter le pas. Seule créature à l’horizon, il n’y avait personne pour me prendre en filature, que le passage du sillon des vagues de sable et la brise tiède d’un moment de fin de jour.

Entre chien et loup le temps se la coulait douce. Pas de presse, pas de tantôt, qu’un présent perpétuel et neuf en permanence avec emballage de m’as tu vue… je suis là!

Je déambulais en direction d’un sans lieu déterminé. Mon itinéraire mystère me soulevait d’aise et je fus transporté aux abords d’un campement habité de gens du dedans, d’un monde étonnant… À chaque regard croisés, je me délestait du trop de ceci et du moins de cela, ils me portaient aux nues comme glorifier pour moi-même…

À cet instant, de la collectivité m’entourant une fillette s’extirpa du lot et s’approcha de moi, elle glissa sa main dans la mienne si subtilement que tout mon corps en frémit… L’euphorie se propageait dans ma chair, dans chacune de mes cellules. 

Nous nous déplacions vers un abri, un chapiteau d’où s’échappait du seuil de l’entrée une lueur à reflet d’or éclairant notre arrivée surprise. 

La petite fille disparue comme elle était venue. Livrée à moi-même ma vision rapidement s’adapta à ce spectacle tout en pudeur, en décence et en humilité, la dignité côtoyait le bon goût et la simplicité.

De sa main libre, elle pointa du doigt vers moi me faisant signe de m’approcher d’elle; la mère du peuple de l’intérieure d’un seul coup d’oeil me raconta l’histoire mystérieuse de la beauté, de sa substance infini et du sans forme unique à l’imaginaire. Du son muet de sa voix, l’univers de tout les possibles m’embrassa et elle esquissa un sourire pour me dire : «  Bienvenue chez-Soi… bon retour chez-Vous ».

MiCheline Tremblay

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