La grande nourricière

Le jour ou la terre a chanté ses jours et ses nuits à mon âme, un silence c’est glissé dans mon coeur comme une perle couleur de ciel éternel.

Auteur: MiCheline Tremblay

Terre d’humanité:

La terre se trouve là sous mes pieds, elle porte mes pas et je ne la connait pas. Elle nourrit chaque parcelle de ma vie et jamais je ne lui ai prêté attention. Je suis l’héritière aveugle, je me suis détournée de ses sanglots comme un bébé gâté à qui tout est dû. Pourtant, je l’entends entre le vent et les marées bercer le monde qu’elle soutient avec énergie et assurance.

Sa mélodie s’affaiblit lentement, elle frissonne, tressaille et ses cries de douleur se perdent dans mon ignorance indifférente à mon ignorance. Je persiste à la déchirer comme bête sans tête, comme son enfant sans coeur.

Je l’entends, elle m’appelle…
De ses entrailles plus rien n’étouffe son gémissement, enfin je la contemple…
Porteuse d’humanité, mère courageuse, il n’y a pas de portrait à son image. Aucun trait commun avec mon univers, sa beauté sans mesure me trouble, comment la peindre?

Sur ma palette reposent mille couleurs toutes plus belles les unes que les autres: des encres, des aquarelles, de la gouache, de l’acrylique, de l’huile aussi et tout cela me semble infime, pâle reflet impuissant à révéler son éclat.

Je devrai ensorceler le pinceau qui déploie ses nuances pour réaliser une oeuvre qui soit à son image; je devrai accéder à l’invisible pour percer ses secrets. Même si l’art a ses limites et des frontières bien établies, je me laisserai inspirer par sa nature et tenterai l’impossible…
Je la peindrai malgré tout…

Couleur en terre

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